A l’occasion de la sortie en salle de Dear White People pensé et réalisé Justin Simien, j’avais envie de faire un post un peu différent. Il y a quelques temps, j’ai eu l’opportunité d’assister à la projection en avant première lors des Brown Sugar Days au grand Rex à Paris. J’ai vraiment été touchée par ce film et me suis retrouvée dans certains personnages, et certaines situations. Le synopsis est le suivant :
Samantha White, étudiante métisse dans une université de l’Ivy League, anime une émission de radio engagée et très controversée appelée «Dear White People». Sam veut dénoncer les discriminations faites à l’égard des afros-américains. Enfermée dans un clan Afro elle ne peut pas vivre son idylle avec un jeune homme blanc, au risque de passer pour une traîtresse aux yeux de son groupe. Auteure de phrases assassines, on suit l’évolution du combat de Sam White et de ses amis ou opposants. On découvre aussi le personnage de Coco, une jolie jeune femme tentant de se faire connaitre, se cherchant et cherchant sa place dans cette université. La rencontre entre les deux jeunes femmes ne sera pas de tout repos. Lionel, autre personnage attachant à la coupe afro (je veux çaaaaaaaa), ne sait pas lui non plus comment se positionner et s’affirmer vis à vis de son homosexualité et de son appartenance ethnique.
Ne surtout pas faire de vagues !
Aujourd’hui – et ça tombe bien avec l’actualité, les résultats des élections et la sortie de ce film – j’ai envie de vous parler du racisme ordinaire.
L’effet Brebis Galeuse
Si vous croyez qu’il n’y a pas de racisme intra-communautaire vous vous trompez. Pour certain(e)s je suis jugée comme étant une « fausse noire« . Il y a vraiment des cons partout, et honnêtement quand tu entends des gens dire des choses pareilles, mis à part les regarder de façon hébétée, sur le moment tu ne sais pas trop comment réagir.
Sérieusement, je m’en fiche cordialement de ne pas sortir qu’avec des gens de ma communauté, et désolée de penser qu’indépendamment d’une origine ou d’une couleur de peau, une personne peut me convenir… Je pense tout simplement qu’il faut évoluer et arrêter de se cantonner aux origines des gens pour émettre un jugement quel qu’il soit, sur quelque sujet que ce soit. Donc oui, je peux complètement convulser en voyant Chace Crawford, Shemar Moore, Wentworth Miller ou encore Julio Iglesias junior. Ok, il fait chaud d’un coup non ?
Je suis donc une brebis galeuse, une de celle que l’on juge déviante et au comportement d’une part non conforme par rapport à ce qui serait attendu et d’autre part érigé en exemple ou en excuse (oui mais toi c’est pas pareil / J’ai une amie noire) [rires]. Je me dis que cette catégorisation constante est pesante, et oppressante parfois. Si je n’avais pas conscience que je suis un individu à part entière je pourrais être complètement paumée, et ne pas savoir où et comment trouver ma place.
S’en suit une série d’insultes et de phrases incompréhensibles pour moi, qui malheureusement ne parle pas wolof. Déjà, je ne suis pas ta soeur, ensuite j’ai encore le droit de fréquenter qui je veux, et puis qui es-tu pour oser me dire ça ? Je ne l’accepterai pas de mes amis, alors toi inconnu penses-tu avoir une quelconque légitimité pour me dire ça ? Espèce de #%X$’~@ !!!!!!
Je ris aussi en entendant d’un autre côté « tu te prends pour une blanche ? ». Le racisme appelle le racisme, tout comme le fait de savoir qui de l’oeuf ou de la poule est arrivé en premier, c’est un cercle vicieux. Des cons il y en a partout, et ce quelque soit la communauté, il faut arrêter avec ces stigmatisations. On est déjà soi-même toujours en constante recherche de ce que l’on n’est ou n’a pas, les asiatiques se débrident les yeux, les africaines veulent des cheveux lisses, les visage pâles veulent bronzer… Les autres n’ont pas besoin d’ajouter leurs grains de sel.
A bon entendeur,
Des bisous.





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2 réponses à « « Dear White People » – Un film sur l’identité et le racisme »
C'est ça, c'est anodin mais c'est assez pesant des fois…… Des bisous
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Vraiment d'accord,marre de ses remarques qui semblent banales dans la bouche des gens, mais qui ne sont pas du tout anodines…
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