Comment filmer ma dépression a transformé mon quotidien

30 jours pour faire face à mes émotions et à ma dépression

Filmer ma dépression pendant 30 jours ce n’était pas juste une décision spontanée, c’était une façon de me tenir responsable, de créer une routine, et surtout de donner un sens à ma vie et un but jour après jour.

L’idée, c’était de documenter tout ce que je vivais, du pire au meilleur, pour casser le tabou sur la dépression et montrer que c’est pas juste un truc linéaire qu’on « soigne » du jour au lendemain.

Me forcer à filmer chaque jour, c’était ma façon de créer une routine, un point d’ancrage. Quand t’es en pleine tempête émotionnelle, avoir un truc à faire tous les jours, même aussi simple que poser la caméra, ça peut vraiment t’aider à garder la tête hors de l’eau. Ça m’a permis de me concentrer sur l’instant présent, de réfléchir sur mes hauts et mes bas, et de ne pas juste subir, mais d’être active dans mon processus de guérison.

C’est clair qu’il y a des jours où je voulais juste rester au lit, où rien ne faisait sens. Mais filmer devenait presque un acte de self-care, une façon de confronter mes émotions. C’était difficile, mais c’était aussi libérateur. Me dire que je faisais quelque chose pour moi, pour comprendre mon parcours, ça m’a aidée à trouver un certain équilibre. J’ai choisi ce medium, j’aurais pu écrire, mais bizarrement je n’y arrivais pas. Je n’arrivais pas à coucher les mots sur un carnet, je n’arrivais pas à prendre du recul pour poser des mots sur ce que je ressentais.

Les moments où je me sentais mieux m’ont montré que la dépression, c’est pas un truc linéaire. Un jour, tu te sens pleine d’espoir, et le lendemain, c’est comme si tout était à refaire. Mais c’est ok. Ce processus, ce va-et-vient constant, c’est une réalité que beaucoup de gens ignorent ou ne comprennent pas. C’est pour ça que j’ai voulu partager ces moments aussi intimes, pour que ceux qui vivent la même chose sachent qu’ils ne sont pas seuls.

En publiant ce documentaire, l’objectif n’était pas d’avoir des vues (d’ailleurs ces vidéos n’ont pas le quart des vues de mes autres projets). Je voulais surtout créer un espace de dialogue, un endroit où les gens se sentiraient à l’aise de parler de leurs propres luttes. J’ai reçu tellement de messages de soutien, des gens qui se reconnaissaient dans mes mots, et ça, ça m’a confirmé que j’avais fait le bon choix.

Si cette vidéo a aidé ne serait-ce qu’une personne à se sentir moins isolée, alors ça en valait la peine.

Et puis, filmer chaque jour m’a donné une nouvelle perspective sur ce que je vivais. Le fait d’avoir une routine me rappelait que JE faisais partie de mon propre processus de guérison, et que je n’étais pas juste une spectatrice passive. Ça m’a permis de me sentir plus forte, plus résiliente, et surtout de retrouver un certain contrôle sur ma vie. Même sur les jours les plus sombres, ça m’a donné une raison de me lever et de confronter mes émotions.

En conclusion, ce projet a non seulement changé la façon dont je perçois ma propre dépression, mais il a aussi ouvert une porte à d’autres pour partager leurs histoires. Ce que je veux vraiment, c’est que chacun sache qu’il est ok de demander de l’aide, et qu’il n’y a aucune honte à parler de santé mentale.


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